Ce jour-là,
je ne savais pas que ces photos compteraient autant.
La maladie de ma grand-mère évoluait très vite à ce moment-là. Même en habitant loin, on faisait en sorte d’aller la voir le plus souvent possible. Il y avait une forme d’urgence déjà, sans vraiment la nommer.
Mon fils avait aussi une relation très forte avec elle. Ils étaient très proches. Ils passaient leur temps à jouer ensemble, à rire, à faire les fous. C’était simple, vivant, évident.
Au début, j’emmenais simplement mon appareil photo pour garder des traces de ces moments. Rien de réfléchi.
Puis quelque chose a changé.
J’ai commencé à voir autrement et une pensée s’est imposée : il fallait que je fasse des portraits d’elle et pas seulement des images prises sur le vif. Comme si, sans vraiment le formuler, je savais que le temps était compté.
Une relation à l'image différente
Je suis née à la fin des années 80. À cette époque, la photographie n’était pas un réflexe permanent. On avait des pellicules, 24 ou 36 poses. Chaque image avait une importance et on réfléchissait avant de déclencher.
Aujourd’hui, tout est différent. On photographie tout, tout le temps. Mais on prend parfois moins le temps de faire des images qui comptent vraiment.
Ma grand-mère n’aimait pas son image. Elle était très complexée, au point de déchirer parfois les photos où elle apparaissait.
Pourtant, quand je lui ai proposé ces portraits, elle a accepté simplement.
Avec le temps, ces images ont pris une place que je n’aurais jamais pu anticiper.
Elles ont été partagées dans la famille. Elles ont été choisies pour les funérailles. Et elles sont devenues une manière de la retrouver, autrement.
On a souvent tendance à montrer les personnes disparues plus jeunes, comme si le reste de leur vie comptait moins. Comme si vieillir retirait quelque chose à leur image.
Mais ce n’est pas ce que je vois. Ce qui compte, ce sont toutes les étapes de la vie et les dernières images en font évidemment partie.
Et souvent, on attend trop.
Il n’y a pas de moment idéal pour faire ce genre de portraits. Il y a seulement celui où on décide de le faire.
C’est aussi pour ça que je fais ce métier aujourd’hui : créer des images simples, naturelles, chez les gens, sans pression, pour garder une trace de leur visage mais aussi de leur personnalité.
Comment se déroule une séance photo ?
Vous pouvez me contacter pour réaliser le portrait d’un proche, à domicile, en résidence senior ou en EHPAD.
Chaque séance commence par une rencontre et un temps de confiance, sans pression, pour s’adapter à la personne et à son rythme. Si nécessaire, je peux venir une première fois sans appareil photo, simplement pour faire connaissance et voir si une séance est possible en douceur.
L’objectif n’est pas de créer des images figées ou idéalisées, mais de garder une trace vraie, simple et vivante de la personne telle qu’elle est aujourd’hui. Je travaille uniquement avec la lumière naturelle, pour rester au plus proche de l’émotion et de la sincérité du moment.
Bénédicte Hoff, photographe famille basée à Danjoutin, se déplace dans le Territoire de Belfort, en Alsace et en Franche-Comté.
